Aujourd’hui est un jour mouvementé pour les États Unis. Un nouveau président vient d’être élu et pas des moindres. Donald Trump, qui fait polémique depuis des mois, sera dans 73 jours aux commandes du géant Américain. Et cette victoire, il la doit principalement à une campagne de communication qui a plus que dépassé ses objectifs.

La communication politique : la forme au détriment du fond

Aux États Unis plus qu’ailleurs, la communication politique a une importance primordiale. Il s’agit de se faire voir, se faire aimer, faire rire et susciter des polémiques pour faire le buzz. C’était déjà le cas avec Barack Obama, un communiquant hors pair. La campagne présidentielle a prouvé qu’on pouvait aller encore plus loin. La communication est une démarche nécessaire pour les entreprises comme pour les politiques. Mais pour ces derniers, elle devrait servir à apporter de la pédagogie aux projets, et non à amuser les foules avec les candidats. Donner un aspect ludique aux programmes pour les rendre accessibles au plus grand nombre, voilà le vrai sens originel de la communication politique.

Car pousser ce jeu au paroxysme a des conséquences graves. Les américains en paient le prix aujourd’hui avec un président dont on connaît par cœur les mimiques et coupes de cheveux mais dont on ignore quasi tout du programme politique. Un projet qui doit pourtant faire avancer (ou reculer) un pays de plus de 300 millions d’habitants.

La faute à qui ?

Cette tendance à abuser d’une communication commerciale et légère pour des sujets politiques n’est pas nouvelle. Mais avec les réseaux sociaux et l’influence des médias, elle s’intensifie dangereusement. Il serait de mauvaise foi de rejeter la faute uniquement sur les candidats. Il s’agit d’un système complexe qui s’est emballé, et où chacun à sa part de responsabilité. Les candidats, évidemment, se plient sans modération à ce jeu. Les médias, se plaisent à susciter et à relayer les petites phrases, mimiques et autres comportements superficiels et qui ne s’intéressent que trop peu au fond. Et nous, citoyens, internautes, téléspectateurs, regardons et partageons sans modération.

Que peut-on faire ?

Dans 6 mois, ce sera au tour des Français d’aller aux urnes. D’ici là, nous serons spectateurs de ce show politique où la forme l’emportera sur le fond. Notre devoir de citoyen est d’être curieux, intéressé, et de faire notre propre jugement non sur un style, mais sur un programme. Quel que soit votre bord politique, intéressez vous au fond des sujets traités. Avant de mettre le bulletin dans l’urne, sachez pourquoi vous le faites et non seulement pour qui. Ne restez pas tributaire de votre télévision, allez chercher l’information complémentaire et alternative sur le web, dans les livres, auprès des personnes compétentes et informées.

C’est en faisant comprendre aux politiques et journalistes que nous nous intéressons au fond que nous pourrons inverser la tendance. J’espère qu’un jour, la notion de communication politique reprendra tout son sens : informer pour élever le débat et faire avancer notre pays.


Juliette Eskenazi
Fondatrice de Poussin Communication ,
Ex communicante politique nostalgique.